Face à l’augmentation des besoins de déplacement, au coût croissant de l’automobile et aux enjeux de transition énergétique, le covoiturage apparaît comme une solution concrète pour faciliter les déplacements du quotidien tout en limitant l’impact environnemental des transports.
Afin d’accompagner son développement sur le territoire, l’Agence Calédonienne de l’Energie (ACE) a piloté une étude visant à élaborer le premier Schéma global de covoiturage en Nouvelle-Calédonie. Réalisée par le groupement TILT / SYSTRA France, cette démarche a permis d’identifier les besoins, les freins et les opportunités liées à cette pratique, avant de définir une feille de route adaptée aux réalités du territoire.
Une pratique déjà présente dans les habitudes des calédoniens :
Le covoiturage ne part pas de zéro en Nouvelle-Calédonie. Chaque jour, de nombreux déplacements sont déjà réalisés entre collègues, voisins, amis ou membres d’une même famille.
Pour autant, cette pratique reste encore largement informelle. Difficulté à trouver des trajets compatibles, manque de visibilité des solutions existantes, besoin de confiance entre usagers : plusieurs freins limitent aujourd’hui son développement à plus grande échelle.
L’enjeu est donc moins de créer une nouvelle pratique que de faciliter et d’encourager une habitude déjà bien ancrée dans la société calédonienne.
Un levier pour répondre aux enjeux de mobilité
La voiture individuelle occupe aujourd’hui une place prépondérante dans les déplacements, en particulier dans le Grand Nouméa où se concentrent les principaux flux domicile-travail.
Dans le même temps, certains habitants rencontrent des difficultés pour accéder à une solution de transport adaptée, notamment lorsque les transports collectifs sont insuffisants ou absents.
Le développement du covoiturage peut contribuer à répondre à ces enjeux en proposant une solution complémentaire, plus économique et plus accessible. Il permet également de réduire le nombre de véhicules en circulation, la consommation de carburant et les émissions de gaz à effet de serre liées aux déplacements.
Trois axes d’action pour structurer le covoiturage
Le schéma élaboré par l’ACE s’articule autour de trois grandes orientations.
1. Rendre le covoiturage plus visible et plus accessible
Le premier axe vise à structurer une offre minimale de covoiturage à l’échelle du territoire. Il prévoit notamment le maintien d’un outil numérique de mise en relation, des actions d’animation et de sensibilisation ainsi que la création d’aires de covoiturage sur plusieurs secteurs stratégiques.
Des emplacements prioritaires ont notamment été identifiés à Pouembout, Bourail, Boulouparis, Païta, Dumbéa, Mont-Dore et à l’entrée de Nouméa.
2. Mobiliser les employeurs et les grands pôles générateurs de déplacements
Le deuxième axe cible les déplacements domicile-travail et domicile-études.
Il prévoit l’accompagnement des entreprises et administrations souhaitant développer le covoiturage, la mise en place d’actions spécifiques à l’Université de la Nouvelle-Calédonie ainsi qu’une réflexion autour de l’aéroport de Tontouta , dont l’accessibilité constitue un enjeu important pour de nombreux usagers.
3. Expérimenter de nouvelles solutions
Enfin, le schéma propose plusieurs expérimentations afin d’évaluer de nouvelles formes de mobilité partagée adaptées au contexte local.
Parmi les pistes envisagées figurent notamment une ligne pilote de covoiturage entre Nouméa et Tontouta ainsi qu’un dispositif d’auto-stop organisé sur le secteur VKP.
Une contribution aux objectifs de transition énergétique
Cette feuille de route constitue une première étape vers le développement d’une politique territoriale de covoiturage.
Au-delà des bénéfices environnementaux, le covoiturage peut contribuer à réduire les dépenses de transport des ménages, à faciliter l’accès aux services et à renforcer les solidarités de proximité.
A travers cette démarche, l’ACE poursuit son engagement en faveur d’une mobilité plus sobre, plus accessible et plus adaptée aux besoins des calédoniens.
La réalisation du Schéma territorial de covoiturage est financée à 80% par l’Etat, à hauteur de 33 600€ (4 009 546 XPF), dans le cadre du Fonds vert et du programme “France Nation Verte”. L’Etat accompagne ainsi l’Agence Calédonienne de l’Energie (ACE) dans le développement de solutions de mobilité plus durables.